Jacques Offenbach (Cologne, 1819 - Paris, 1880) s'établit à Paris en 1833 et entre au conservatoire. Sa carrière débute comme violoncelliste dans l'orchestre de l'Opéra-comique. Il ouvre en 1855 un théâtre d'opérette et devient le roi du genre. Ses nombreuses oeuvres, pleines d'humour, d'insolence, de cocasserie, font sa renommée ! Elles ne sont cependant pas de nature à lui offrir le rang de compositeur sérieux. Son opéra fantastique, Les Contes d'Hoffmann, ne sera jamais achevé.

Le Roi Carotte lui-même, écrit en 1872, est issu d'un des contes d'Hoffmann. Il prolonge la tradition parodique des précédentes opérettes d'Offenbach. Fridolin est un prince frivole et insouciant, incarnation parodique de Napoléon III. Il consent à épouser la princesse Cunégonde pour renflouer les finances de son royaume. Mais il ne l'épousera pas si elle n'est pas à son goût : il décide donc d'abord de l'observer incognito. Cunégonde, qui n'est pas moins frivole, a eu la même idée. Finalement, ils se reconnaissent, se plaisent, et décident de se marier. Mais les plans de Fridolin sont contrariés par des puissances magiques. D'une part, la sorcière Coloquinte recouvre ses pouvoirs scellés depuis une décennie par la famille royale. Elle n'a plus que la vengeance en tête et compte bien détrôner Fridolin : elle invoque des légumes ensorcelés, dont le Roi Carotte, caricature légumière de Bismarck, pour gouverner le Royaume. La Princesse Cunégonde s'éprend de la carotte. D'autre part, les armures ancestrales du royaume ont honte de Fridolin, le fils indigne, et le maudissent. Le génie Robin-Luron, qui souhaite donner une leçon au Prince, participe à sa déchéance. Le monarque déchu est chassé, mais peut compter sur une fine équipe pour le soutenir dans sa reconquête du pouvoir, comprenant notamment la princesse Rosée-du-soir, ancienne esclave de Coloquinte, et Robin-Luron, l'esprit retors. Ils partent à la rencontre du puissant mage Quiribibi, qui leur indique comment s'emparer de l'anneau de Salomon...


Robin-Luron, Fridolin, et des ministres.

Depuis sa création, jamais Le Roi Carotte ne fut représenté à Paris. Il a fallu attendre 2008 pour qu'Olivier Desbordes le mette en scène, et qu'Opéra Eclaté en fasse exploser toute l'exubérance dans nos salles !


Il y a le royaume des légumes : il y a le royaume des insectes.

Forcément, l'opérette est un art vivant, et les références à Nicolas Sarkozy couvrent aussi bien le Prince Fridolin que le Roi Carotte. Aussi a-t-on droit à du "bling-bling", des garden parties, du "travailler plus pour gagner plus" et j'en passe : ça ne signifie pas toujours grand-chose, mais c'est amusant. En revanche, le passage actualisé le plus réussi concerne le mage Quiribibi, qui prend les traits et le costume de l'une des personnalités les plus classes de notre scène médiatique... Je ne peux pas dévoiler son identité, je gâcherais tout ! Ce personnage intervient d'ailleurs dans la seule scène un peu sanglante, qui pourrait choquer vos enfants. Notons également que la pièce s'ouvre quasiment sur une scène d'orgie. Mais ne soyez pas naïfs au points de croire que les enfants seront choqués, hein. Au pire dites-leur que les acteurs font du catch, ça leur suffira.


A bas les radis ! Et la Commune de Paris !

Donc, éteignez Bob l'Eponge, prenez vos enfants par la peau des fesses et emmenez-les voir le Roi Carotte : ils vous remercieront un jour, et ils vont bien se marrer sur le coup ! Si vous n'avez pas d'enfants (et comme je vous comprends), allez-y seul, avec votre moitié, avec des amis, mais allez-y ! Opéra Eclaté est actuellement en tournée !

Le blog de l'Opéra Eclaté, avec les dates de la tournée.
Ce qu'en dit l'Humanité.

J'en profite aussi pour signaler que s'il n'y a pas d'humour lourd du GAJA cette semaine, et s'il n'y en aura pas non plus la semaine prochaine, c'est normal : les cours sont terminés pour ce semestre, et les examens sont dans un peu plus d'une semaine. C'est l'heure des révisions.