Situation initiale (que vous n'êtes vraiment pas obligé de lire, d'ailleurs je la mets en blanc) : (EDIT du 26/09/12 : les trucs en blanc ne sont plus blancs suite à la mise à jour du blog. Tant pis.)

Tragique. Shoma et Kanba, deux jumeaux, vivent seuls avec leur petite sœur Himari, en phase terminale d'une mystérieuse maladie. Elle décède alors qu'ils visitent une ultime fois l'aquarium de leur enfance, juste après avoir fait l'acquisition à la boutique de souvenir d'un chapeau-pingouin. Mais dans la chambre funéraire d'Himari, un miracle se produit : le chapeau-pingouin ressuscite Himari ! Cette dernière, lorsqu'elle revêt ce chapeau (ou plutôt est revêtue, car ce n'est jamais volontaire), se retrouve possédée par une espèce d'entité alien qui ordonne aux deux frères de retrouver le "tambour pingouin". Du succès de cette quête dépendrait le sort d'Himari.

Fiche technique uninominale :
Réalisé et co-écrit par Kunihiko Ikuhara, qui a de même travaillé sur Utena, la fillette révolutionnaire, et bien avant sur l'anime Sailor Moon. Le thème de la magical girl est de retour ici !



Légende en blanc : On retrouve ici l'aspect "transformation" de la magical girl quand Himari se retrouve coiffée du chapeau-pingouin. L'entité qui la possède est odieuse et tyrannique !


Je n'avais pas regardé d'anime depuis plusieurs années, tellement j'étais blasée par les clichés auxquels on échappe rarement (qui existent dans Penguidrum, mais sont plutôt tournés en dérision), des histoires faussement complexes qui suscitent des questions sans jamais y répondre (quand elles en suscitent...), et surtout de l'animation dégueu !

Eh bien là, ce que l'on peut constater immédiatement, c'est que Mawaru Penguidrum est beau. Décors soignés et colorés, 3D bien intégrée, grande variété des délires graphiques qui peuvent aller loin dans le kitsch ou dans la sobriété, pastiches qui vont de Klimt à Riyoko Ikeda (La Rose de Versailles (Lady Oscar)).



Beauté des décors.


Mais avant d'être beau visuellement, Mawaru Penguindrum est joliment intelligent.

De qui sommes nous les jouets ? Qu'est-ce que le Destin ?
Quel pouvoir avons-nous sur notre destinée ?
Pourquoi des enfants naissent-ils de parents qui ne les aiment pas ?
Comment y survivent-ils ? (Survival Strategy !)

Les questions essentielles de ce récit sont posées d'emblée, dès les premières secondes du premier épisode... et la façon dont sont posées ces questions d'emblée ne permet pas de deviner quels aspects prendront les réponses. Impossible d'entrevoir les lignes que prendra la narration avant d'y entrer. C'est l'une des prouesses de Mawaru Penguindrum.
On part d'une situation qui présente toutes les apparences de la simplicité. Mais, constamment et petit à petit, la complexité se révèle. Chaque épisode répond aux questions posées par l'épisode précédent et en apporte de nouvelles. Les apparences trompeuses sont détricotées, puis une belle toile est retissée, à la fois simple et complexe, au motif dans l'ensemble très clair mais maculé de quelques zones d'ombre.
Tous les détails sont importants et trouvent leur place dans la toile lorsque vient le temps de leur explication. Rien n'est laissé au hasard.



L'importance des détails.


Les thèmes sont graves, les situations tragiques, et pourtant de la pure comédie vient s'insinuer dans tout cela. Un chaud-froid qui ne tiédit rien, un contraste qui ne met pas mal à l'aise, au contraire : le mélange est très harmonieux et permet d'instaurer un certain "réalisme psychologique". Le burlesque, le ridicule permettent d'approfondir l'humanité des personnages et les rendent d'autant plus touchants.
On pleure, puis au milieu des larmes on se met à glousser à cause d'une expression grotesque ou n'importe quelle autre intervention bête. Ouiii, j'avoue j'ai pleuré, et j'ai surtout beaucoup rigolé, ce qui n'était jamais arrivé avec un autre anime, je crois bien.



Variété graphique et ressort comique vont de pair.


Outre les basiques tristesses et amusements, il y a ce sentiment polymorphe, plus profond et plus intime, que l'on ressent face à une œuvre qui nous dit quelque chose sur nous-mêmes, qui touche du doigt une vérité humaine. Vous savez, quand on se dit : "m***e, mais je sais de quoi ça parle !" Lorsque l'on s'aperçoit qu'ils ont explicité ce que nous n'avions fait qu'effleurer, qu'ils ont mis en scène ce que nous avions entrevu sans y faire attention, qu'ils ont mis des mots/des images sur ce que nous n'arrivions pas à verbaliser/nous représenter.
Je n'avais pas ressenti cela depuis Evangelion, sauf peut-être avec la fin d'Utena. Mawaru Penguindrum, par ses symboles, son onirisme, ses métaphores matérialisées, son côté lynch-esque et sa façon de mêler le feu et la glace s'avère être une brillante synthèse de la réalité humaine, ou un miroir de certaines vérités. Le fond est très réaliste, d'un réalisme subjectif, donc l'apparence est surréaliste.


Une bande son qui sert bien la narration et accompagne joliment les images. Les différents génériques de début et de fin sont très réussis.


Donc, le meilleur anime jamais crée pour ma part. Sur senscritique.com, j'ai mis 10 pour ne pas mettre 9 (oui, je sais, en général c'est plutôt le contraire). Mes notes sur senscritique n'ont pas d'autre sens que celui de mettre des "j'aime" ou des "j'aime pas" sur les œuvres. Mes 9 et mes 10 signifient "cultes et incontournables". 9 peut signifier "culte, incontournable, maaaais il manque un petit quelque chose...", alors que 10 veut dire "ce truc est un cosmos : rien à enlever, rien à ajouter". Bah Mawaru Penguindrum est un quasi-cosmos auquel je mettrais 9,95/10 si je le pouvais, et pas 10 à cause des zones d'ombre que j'ai évoquées, légèrement trop vastes je trouve. Mais comme il faut arrondir : c'est 10.


La critique de Kirite sur senscritique.com : des pingouins et des hommes.



Sanetoshi est quand même un peu un Hyacinth-like. Holala, les gars, faut arrêter de me copier, hein !