Je n'arrête pas de vous parler de mon projet "Trous noirs et roses aurores", censé rassembler quelques dessins et poèmes de votre servante. Je vous rassure, il y aura davantage d'images que de poèmes : le rôle du texte ne sera que d'illustrer un peu les images. (oui, cela se veut rassurant parce que je connais peu de gens qui apprécient la poésie et surtout la mienne :o ) Rappelons que les thèmes essentiels de cette série sont les farces de la gravitation, les affres de l'obsession amoureuse et les joies de la balançoire en patins à roulettes.

Je vous présente donc trois de ces poèmes, parmi les plus courts des quinze déjà écrits (sans compter les vieux qui apparaîtront sans doute dans le bouquin).

(J'aborderai peut-être un jour la question de mon absence de rigueur quant aux règles de versification. En vérité, je fais ma propre petite cuisine, et les règles classiques m'ennuient. J'expliquerai cela plus tard, certainement...)

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Dana

La lointaine lumière tripartite
Se déploie, se dédouble et se fabrique :
De la divine rose aux six pétales
Émerge le galactique corail.

Les eaux vermeilles de Dana
Surabondent en radieuse écume :
Ces bulles claires qui s'embrassent,
S'enroul.ent en boucles de volumes.

Tous les livres des oracles
Pliés dans une voix :
Celle qui nous envoie
Les auror.es et le miracle.

31 octobre 2013

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Violine et or

La rivière longue et mélodieuse
De tes mains sur ma peau fine et poreuse
D'où coulent les couleurs violine et or
Transmises de cent lunes radieuses.

La pluie fine puis lourde et fluctuante
De tes doigts longs sur ma peau transparente
D'où coulent les couleurs violine et or
Qui m'emplissent de chaleur ondulante.

Rupture du flux et douleur intense,
Cette perte m'éloigne de ma vie.
Mon chemin s'assombrit, un vide immense
En l'espace où jamais je ne guéris.

03 octobre 2013

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- G -

G, cette insaisissable force vagabonde
Qui embrasse et traverse la suite des mondes
Enrobe et fait valser, par un souffle d'amour,
Les cordes, les corpuscul.es et les astres lourds.

G se féconde elle-même et s'auto-calcule,
Brasse une écume et des boucles si minuscules.
Elle esquisse les formes de la Création
Sous la surface sensible des projections.

G déploie des spirales d'hippocampes lestes :
Ces queues superposent l'infinité des gestes.
Pourrait-on voir, glissée sous le divin tapis,
La vaste ribambelle des couleurs de pi ?

G, l'obscure Matrice qui se dissimule,
Fait plier les dimensions telles des lunules.
La complice du Temps et de l’Énergie sombre
Dit le destin des Plans et en fixe les nombres.

11 novembre 2013