Tribulations éthériques et ballade du Mage
- un récit mélancomique -

EPISODE 1

Un matin frais et lumineux, alors que le soleil dorait la rosée qui perlait sur les guirlandes de fleurs odoriférantes – ces guirlandes enroulées autour des portiques accueillants de la cité de Gridania – une dame vieille et sage entendit un vagissement. (Ô originalité, tiens-moi encore plus fort !)

Oui, me direz-vous : "Brann est originaire de Gridania, ça colle pas super bien avec le début de l'épopée", etc... Je vous réponds alors : "NE VOUS EN FAITES PAS".

Cette gente dame, qui découvrit le nourrisson abandonné, s'appelait Apoyo Poyoyo. Bien que la nomenclature ne fût pas très conforme, il s'agissait bien d'une lalafell originaire de la cité marchande d'Uldah. Apoyo avait décidé, quelques années auparavant, de quitter l'ambiance mercantile de la cité du désert pour suivre une retraite sereine et spirituelle dans la cité forestière.

Apoyo était donc une très vieille lalafell, ridée comme une petite pomme toute sèche, mais dont les yeux pétillaient toujours d'intelligence, de sagesse, de bonté, de générosité et d'une pointe d'espièglerie.

Apoyo Poyoyo dans sa jeunesse. (un portrait actualisé d'Apoyo sera bientôt dessiné)

Quant à l'enfant, il s'agissait d'un bébé hyur, laissé là sans rien d'autre que ses langes – pas même un pendentif ou une marque sur le corps pour accentuer le côté cliché de la situation. L'enfant paraissait minuscule (pour un hyur), pleurait beaucoup, avait tout le temps faim. Mais quand cette toute petite fille ne pleurait pas, Apoyo pouvait discerner dans son regard d'azur, si vif, l'éclat d'une grande sagacité.

Apoyo éleva donc l'enfant comme si elle était la sienne. Nul besoin de préciser que Brann dépassa très rapidement sa mère adoptive en taille. Rodée très tôt à l'art de l'archerie, l'adolescente, grande et robuste, intelligente et volontaire, dextre et ambidextre, entreprit de quitter sa cité, et même le continent d'Eorzéa, pour découvrir le monde et devenir une véritable aventurière.

Alleeeez Maman, steuplé, laisse-moi voyager un peu toute seule ! Ça va être génial ! Quoi, tu veux bien ?! Wêêêê merciiiiiii !

De ce voyage, Brann ne garda que peu de souvenirs.

Elle se rappela être arrivée aux frontières d'Eorzéa. Des images incompréhensibles lui revenaient parfois en mémoire : des machines volantes, une technologie inconnue, des armures bizarres, des langages incompréhensibles. Et des brumes à l'odeur de sortilège, noires et rouges, qui lui donnaient encore des sueurs froides quand elle y pensait.

Lorsque l'aventurière quasi-amnésique se retrouva, sans savoir pourquoi, sur une charrette qui la ramenait dans sa cité pseudo-natale en compagnie de deux petits elezens albinos peu loquaces et d'un hyur trop bavard sûrement un peu éméché, elle peinait à se souvenir de son propre passé, de tout son passé. Plusieurs années s'étaient écoulées depuis son départ de la cité, mais quelles avaient été ces années ? Et les années d'avant, ces années heureuses à Gridania ? Tout se mélangeait dans son esprit comme un gloubiboulga dégueulasse. Quelque chose, à la frontière d'Eorzéa, avait trafiqué sa mémoire et volé un pan entier de son existence !

Si la mémoire de Brann était très confuse et lui semblait être comme un puzzle à reconstituer, elle n'avait pas oublié Apoyo et souhaitait retrouver sa mère de tout son cœur. Cependant, de retour à Gridania, la jeune femme découvrit une cité différente de celle qui brillait encore un peu dans ses souvenirs brumeux et boueux, et ni Apoyo ni aucune de ses anciennes connaissances n'étaient trouvables. Et si sa mémoire restante n'était composée que de résidus artificiels ? Brann avait-elle réellement connu Gridania auparavant ? Apoyo avait-elle réellement existé ?

Vous remarquerez que Brann change souvent de coupe de cheveux, car elle n'est jamais satisfaite.

Affligée de doutes affreux, la jeune archère n'osa pas poser de questions aux habitants – à tous ces passants qui lui étaient inconnus alors qu'ils auraient dû lui être familiers. En tendant l'oreille, elle prit connaissance des derniers grands évènements et de la grande catastrophe qui venait de défigurer tout le continent d'Eorzea et qui avait reconfiguré la ville. Alors, toujours : le doute. Y avait-il un lien entre les troubles de sa mémoire, les années perdues de sa vie et le cataclysme ?

Dans le même temps, elle commença à avoir des visions. L'âme de la planète, Hydaelyn, s'adressait à elle.

Brann découvrit qu'elle était une élue d'Hydaelyn : une guerrière de la Lumière. La jeune femme faisait en effet partie de ces très rares eorzéens qui possédaient le pouvoir de l'Echo, c'est-à-dire celui de voir certains événements qui se produisent en un autre temps ou un autre lieu.

Malheureusement, le pouvoir de l'Echo était capricieux et ne se laissait pas contrôler. Brann ne pouvait pas s'en servir pour répondre à ses interrogations et résoudre le puzzle de sa vie.

Pour commencer son voyage initiatique, sa quête de la Vérité, l'archère s'ouvrit à une vocation mythique qui lui permit de développer un peu plus ses talents artistiques : la voie du Barde. Dans le même temps, elle s'engagea aux côtés des Héritiers de la Septième Aube, espérant que Minfilia l'aiderait un jour à percer les mystères de leur pouvoir commun.

Malheureusement, Brann a du mal à trouver un costume de barde qui soit à la fois adapté à sa morphologie et qui ne lui laisse pas la poitrine, le ventre et le dos à moitié à l'air. Alors, Brann est un peu énervée.

Et elle décida qu'elle allait porter le même costume que les mecs, parce que faut pas pousser.

C'est là que les choses sérieuses commencent.


*** Suite au prochain épisode, qui ne saurait tarder ! Vous apprendrez comment et pourquoi Brann a subitement changé de couleur de cheveux ! (rien à voir avec les talents de l'esthéticien) ***