Rappelons que Brann, au cours de ses voyages éthériques frénétiques, a croisé pléthore d'entités diverses et contemplé des mondes et des dimensions d'une indicible variété et aux topologies les plus farfelues.


Depuis qu'elle dilate la trame de l'espace-temps via le réseau d'éthérites, les cheveux de Brann poussent très rapidement.


Elle connut notamment un périple éthérique particulièrement éprouvant entre trois planètes bizarroïdes : la planète Shadok, la planète Gibi et la Terre, gouvernée par l'insecte Gégène. Les Shadoks ressemblaient un peu à des chocobos, mais en bêtes, méchants et disgracieux malgré leurs longues pattes d'échassiers. Quant à l'insecte Gégène, il était une sorte de démiurge minuscule, mais d'une puissance extraordinaire, qui arbitrait les conflits entre les autres planètes et qui ne supportait pas la stupidité des Shadoks.

Pour désigner Gégène, on peut dire « elle » aussi bien que « il », car il s'agit d'un insecte femelle, évidemment. (et, d'ailleurs, les Shadoks sont tous femelles aussi : pour pondre un œuf, il leur suffit de compter jusqu'à meu (quatre). Ils sont Madame ou Monsieur selon leur style vestimentaire, notamment)
L'insecte Gégène était très prolifique, et sa descendance avait essaimé dans tout cet Univers. Il y avait essentiellement les Zangst, sortes de virus psychiques, et les G-Gènes, capables de faire muter les Shadoks.

Un peu de documentation pour la route (extraits du livre Shadoks, une vie de création, de Thierry Dejean et Marcelle Ponti-Rouxelle, éditions du Chêne) :



Comme je vous l'ai expliqué, Brann pouvait, en voyageant entre deux éthérites, contempler d'autres dimensions sans y pénétrer vraiment. Disons que son enveloppe éthérique pouvait y pénétrer, mais son enveloppe physique ne pouvait pas s'y matérialiser, si bien qu'il lui était très difficile d'interagir avec la matière de ces mondes.

Lorsque l'enveloppe éthérique de Brann entra dans cet Univers là, les G-Gènes furent éclaboussés par l'éther hydaelynien qu'elle portait en elle. Ces G-Gènes éthérisés acquirent de nouvelles capacités ! De plus, ils étaient très intrigués par la nature de la hyur, créature humanoïde différente de tout ce qu'ils connaissaient déjà. Ils entreprirent alors une analyse complète de son génome. Couplée à leur connaissance d'Eorzéa, infusée en eux par l'éther hydaelynien, cette analyse leur permit d'informer Brann que... que... qu'elle n'était PAS ce qu'elle pensait être !

L'aventurière fut frappée de stupeur lorsque les G-Gènes lui apprirent qu'elle n'était pas née de hyurs comme son apparence l'aurait suggéré ! En effet, bien que de morphologie hyurgoth, Brann était le fruit d'une manipulation génétique, le produit d'une hybridation artificielle entre les cinq races d'Eorzea, et même de quelques autres races plus exotiques ! La barde était presque autant hyur que lalafell, miqo'te, roegadyn, elezen et même padjal !

Réalité, ou hallucination ? Sont-ce les Zangst qui ont introduit le doute et la paranoïa dans son esprit, ou bien les Asciens étaient-ils réellement ses créateurs ? Car la barde jugea que nul autre que les Asciens n'avait pu commettre une énormité pareille. Pour en avoir le cœur net, elle comptait interroger quelques uns de leurs représentants de façon éthériquement musclée, pour ensuite astralement rosser leur véritable forme, dont elle ignorait encore tout.

Brann songea que pour atteindre les Asciens, il fallait savoir jouer sur leur terrain. C'est ainsi qu'elle retourna vers la patrie d'origine d'Apoyo, Ul'dah, afin de s'initier aux arcanes cachés, aux mystères ésotériques, aux symboles hermétiques de l'occultisme.


Brann occultise sous les cieux étrangement moirés de Mor Dhona.

Brann connaissait déjà le parfum de la magie : pendant son adolescence, on lui avait enseigné les rudiments de l'élementalisme. Cette discipline avait fortement suscité l'intérêt de la jeune fille, mais elle avait fini par s'en lasser car les cours impliquaient trop de contraintes, en raison notamment de la velléité obséquieuse de ses professeurs de ne jamais « contrarier les esprits ».

Mais l'occultisme, c'était tout autre chose ! Un puits infini, une profondeur insondable, un océan de feu et de velours, une noirceur riche de la totalité des possibles. Un vide si parfait que n'importe quelle puissance pouvait en être tirée ! Aucune limite théorique à l'étendue de son pouvoir ! Il va sans dire que le maître de la guilde des occultistes sut déceler en Brann un potentiel magique exceptionnel... A tel point que la jeune femme fut initiée au plus opaque et au sombre de tous les occultismes : la légendaire, la mythique magie noire.

A chaque petit sort de feu qu'elle lançait, Brann partait d'un rire sardonique et demi-dément qui résonnait tellement fort dans tout Thanalan que Rhalg le Destructeur lui-même en aurait déféqué dans sa défroque.

Naturellement, cette chute libre dans les sphères démoniaques, qui menaçait de s'achever dans une faille du Néant, devait être interrompue. Brann était allée beaucoup trop loin, et Hydaelyn dut intervenir ! C'est ainsi que la déesse cristalline bloqua à Brann l'accès au réseau d'éthérites.

Compatissante, Hydaelyn daigna s'adresser directement à la Guerrière de la Lumière. Brann se retrouva donc à nouveau face à l'hyper-cristal bleu, qui marquait la présence totale de la déesse. Voici la conversation qu'elle tinrent :

– Brann...

– Hydaelyn.... Quand tu t'adresses à moi, c'est toujours pour me préparer à aller au turbin. Non parce que quand j'ai vraiment besoin d'une oreille attentive et...

– Il suffit ! Je connais tes problèmes. Mais crois-tu vraiment que je puisse jouer la psy pour chacune des milliards de créatures qui vit sur mon dos ? Ce n'est pas parce que tu es une Guerrière de la Lumière qui tu bénéficies de ce genre d'avantages.

– Humpf. Et comment veux-tu que je fasse bien mon boulot si mon psychisme est un gruyère ?

– Ton psychisme n'est PAS un gruyère. Tu es une idiote, c'est tout.

– … * moue renfrognée *

– Les souvenirs de ton enfance à Gridania sont authentiques. Apoyo est réelle. Comment peux-tu en douter ? Bientôt, tu en auras la preuve, femme de peu de foi !

– … * moue douloureuse *

– Quant aux expériences que les Asciens ont menées sur toi... voire avec toi... bref... Je ne te dirai rien. A toi de le découvrir par toi-même. C'est ta vie, c'est tes choix, c'est ton destin, etc. Je te confirme seulement que les Asciens sont bien tes créateurs : c'est déjà pas mal.

– Mais... C'est horrible ! :o

– Et je te préviens : replonge encore dans l'éthéroolisme, et je te laisse filer dans les failles du Néant ! Je suis d'un naturel patient, mais tu exagères vraiment, hein... Bon, allez, sur ce... Je t'aime quand même, va. Bisous, prends soin de toi.

– Ouais. Bisous.

Brann avait été touchée à la fois par ces remontrances et par ces promesses, mais elle restait très sceptique.

Le vide laissé par la fin d'une addiction risque toujours d'être comblé par une nouvelle : l'aventurière fréquenta assidûment la taverne des Sables Mouvants ainsi qu'une secte vouant un culte érotique à une idole hermaphrodite à l'effigie d'Halicarnasse et épanouie dans la débauche – secte couverte sous l'appellation de Compagnie Libre et baptisée Storm. Il va sans dire que le Grand Maître de Storm, officiant sous le nom d'Evangelus, sut déceler en Brann un potentiel énergétique sexuel exceptionnel.

Ainsi Brann se livrait à toutes sortes d'activités assez peu constructives. Exemples :

Alors que la barde-mage sirotait, comme à son habitude, une boisson décapante aux Sables Mouvants, un lalafell vint à sa rencontre. Il s'agissait de Gragranolo, qui se présenta comme le cousin au sixième degré de Momodi.

– Brann ! Momodi m'a tellement parlé de toi ! Il m'a fallu du temps pour comprendre que cette fameuse aventurière n'était autre que la fille adoptive de ma vieille tante, Apoyo !

– Apoyo, dis-tu ?! Oui, c'est bien moi, je suis bien la fille d'Apoyo ! Où est-elle ? Comment va-t-elle ? effusa Brann en serrant contre elle le petit bonhomme au nez brun et aux oreilles poilues (les lalafells ont les oreilles duveteuses, plus exactement).

Tandis que la hyur relâchait son étreinte excessive, l'expression de Gragranolo s'assombrit :

– Elle est décédée. Il y a six ans.

Face à la détresse qui dégoulinait des traits de Brann, Gragranolo poursuivit :

– Elle a succombé à une maladie pulmonaire, causée par les émanations toxiques qui ont suivi l'entrée de Dalamud dans l'atmosphère. Il en a été de même pour une grande partie de la population... Je suis désolé.

Tout s'expliquait... Voilà pourquoi Brann n'avait retrouvé personne à son retour à Gridania. Ni Apoyo, ni ses anciens amis, ni ses anciens professeurs, ni le visage de la Cité lui-même. La population avait été décimée, et le sort avait voulu que ce dixième sacrifié comprenne tous les visages connus de Brann. Non... cela n'avait pas pu être un hasard.

Le soulagement et le bonheur de savoir que la personne qu'elle avait aimée le plus au monde n'avait pas été qu'une illusion concurrençaient et compensaient la noire pesanteur du deuil. Mais son cœur s'effondrait sous le poids de la culpabilité. Comment avait-elle pu douter de l'existence d'Apoyo ? Comment avait-elle pu la laisser mourir, seule ? Partir à l'aventure alors que sa mère était si âgée et si vulnérable ? Apoyo avait toujours été quelqu'un de fort et généreux, qui ne laissait jamais paraître ses faiblesses. Peut-être que son âge avait rendu Apoyo plus sensible à la toxicité des vapeurs de Dalamud ?

Tandis que l'aventurière (re)chutait lourdement sur ses genoux en demandant pardon, le visage caché dans les paumes de ses mains, secouée de sanglots irrépressibles, elle sentit comme une chaude lumière invisible l'envelopper. Des petits bras, petits mais si grands par leur puissance de réconfort, caressèrent doucement sa tête, puis relevèrent son visage pour déposer d'invisibles baisers sur ses joues. Des baisers doux et tièdes comme une brise de printemps, qui transportaient l'odeur familière et tant aimée d'Apoyo.

* illustration manquante *

Brann va-t-elle pouvoir atteindre les Asciens ? Qui sont ses (au moins six) parents génétiques ? Et sa mère porteuse ?

Brann devrait-elle songer à la psychodomie ?

Les réponses à toutes ces questions primordiales, vous les trouverez dans la suite pas encore écrite !

Dès que mes skills ridicules en dessin auront décidé de refaire un peu surface, je tâcherai de poster quelques illus de Brann, d'Apoyo et compagnie !