Premier dessin et premier billet de 2015...

Tous les artistes dont j'admire et suis le travail ont rendu hommage à Charlie Hebdo par des dessins que j'ai appréciés. Pour ma part, je n'ai rien dessiné. Je n'ai rien écrit non plus, à part quelques commentaires sur facebook guidés par l'émotion.

L'angoisse et l'inquiétude ne sont pas les sentiments qui m'inspirent le plus, surtout pas graphiquement. Je n'ai rien à ajouter à tout ce que j'ai vu, ni à tout ce que j'ai lu. Je pense que je n'ai rien d'intelligent à dire sur le sujet. Je crois même que personne ne peut comprendre ce qui est en jeu actuellement, dans sa globalité. En tout cas, moi, je sais que je ne comprends pas. J'essaie juste de chasser les appréhensions, et je me contente d'espérer. C'est déjà beaucoup, à vrai dire, surtout quand chaque jour amène son lot d'horreur : Nigeria, Est Congo... Comme si l'Enfer était sur Terre. Puissent nos larmes le noyer, cet enfer ! Nos larmes de chagrin, mais aussi, et surtout, nos larmes de joie - ces larmes dans lesquelles nous cristallisons les petits éclats de Paradis que la Terre peut nous offrir aussi.

Arlequin me trottait dans la tête depuis un long moment. Il s'est même mis à galoper depuis que j'ai appris (grâce à Wikipedia...) qu'il aurait des origines soufies.

Ce dessin mélange beaucoup de choses, notamment des rêves que j'ai faits ces derniers jours. Le personnage, c'est donc un peu mon avatar, et c'est aussi un peu Yann Faraday, l'héroïne de Wermob-pilotes. Derrière, tourne la station spatiale Boann, là où Yann va faire ses simulations de Wermob-pilotage (dans le tome 2 que je suis en train d'écrire !).

Et puis de l'eau rose, légère et sucrée comme du champagne. Un liquide éthéré pour noyer tout ce qui est triste.

Je l'aime bien aussi avec le fond blanc.

Ma BD préférée, Habibi de Craig Thompson, se termine sur cette évocation de Rabi'a Al-adawiyya (ça ne spoile pas !) :

La sainte soufie Rabi'a Al-adawiyya a été vue portant une torche et une cruche d'eau. Une torche - pour brûler le Paradis. Une cruche - pour noyer l'Enfer. Pour que les deux voiles disparaissent et que les croyants rendent gloire à Dieu non dans l'espoir d'une récompense, ni dans la crainte d'un châtiment... mais par Amour.

Musique écoutée pendant le dessin d'Arlequin :

  • Live carnavalesque de Frank Zappa, Just another band from LA
  • Mendelssohn, Concerto pour violon en mi mineur